lundi 25 mai 2009

Article du Monde par Annie Kahn: L'Europe de l'Est perd de son attractivité au profit des pays méditerranéens


Les pays de l'Est intégrés les premiers à l'Union européenne (UE) ne sont plus une destination de choix pour y délocaliser des unités de production industrielle ou des activités de services. Et cela, au profit de certains pays du Maghreb (Tunisie et Maroc) et du Moyen Orient (Egypte et Jordanie), qui prennent la relève.
Telle est l'une des principales conclusions d'une étude publiée, mardi 19 mai, par le cabinet de conseil en stratégie A. T. Kearney, sur "Les changements géographiques des délocalisations" pour les activités de services.
Les premiers éléments du Rapport annuel de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) sur les investissements directs étrangers (IDE), publié mercredi 20 mai, confirment cette perte d'attractivité des pays de l'Est. Les IDE ont chuté de 28 % en Pologne en 2008, soit légèrement plus que la moyenne des pays développés (- 25,3 %). Et si les flux sont encore positifs en République tchèque (+ 2,6 %) et en Hongrie (+ 7,7 %), cela pourrait ne pas durer.
Pour l'instant, la Roumanie et la Bulgarie, dont l'adhésion à l'UE ne date que du 1er janvier 2007, restent encore des destinations séduisantes. En 2008, les IDE ont augmenté de 34,1 % en Roumanie. Mais il est fort probable que les avantages compétitifs de ces pays s'amenuiseront assez rapidement, comme cela a été le cas pour leurs prédécesseurs, estime Norbert Jorek, associé chez A.T. Kearney à New York et coauteur de l'étude sur les délocalisations.
Car, lorsqu'en mai 2004 les dix premiers pays de l'Est avaient rejoint l'UE, le faible coût de leur main-d'oeuvre et leur proximité géographique avec les pays européens développés en faisaient une destination de choix. D'autant que leurs marchés restaient à conquérir. S'implanter sur leur sol présentait donc de multiples avantages économiques, tant pour servir leur marché intérieur que pour l'exportation.
Mais ces avantages se sont amenuisés en quelques années. La République tchèque ne figure plus qu'à la 32e place du classement 2009 des pays où il est le plus intéressant de délocaliser des activités de services publié par A. T. Kearney. Ce pays était classé au 4e rang en 2004. La Slovaquie, la Pologne et la Hongrie ont également chuté. A l'inverse, l'Egypte est passée en deux ans de la 13e à la 6e place et la Tunisie du 26e au 17e rang.
L'écart entre les coûts de production et de main-d'oeuvre des pays de l'Est et ceux des pays développés s'est amoindri. "Surtout pour les pays proches de l'Europe de l'Ouest, comme la Hongrie et la Pologne. Le renchérissement a été moindre en Estonie et en Lettonie. Mais ces pays n'ont pas un réservoir de main-d'oeuvre qualifiée suffisant", explique M. Jorek.
Les pays comme la Slovaquie, qui sont désormais entrés dans la zone euro, se renchérissent comparés aux destinations en zone dollar. Quant à l'affaiblissement du zloty polonais et de la couronne tchèque vis-à-vis de l'euro, il est déjà perçu comme un avantage compétitif passager sur lequel on ne peut baser des décisions d'investissements à moyen et long terme.
La qualité et la disponibilité de la main-d'oeuvre égyptienne sont par ailleurs mieux notées par A. T. Kearney que celles de la Hongrie, de la Slovaquie ou de l'Estonie. Or ces critères deviendront prépondérants, estime M. Jorek. "Pour certaines firmes comme les sociétés d'ingénierie, le coût n'est plus le problème. Elles cherchent à s'implanter dans des pays où elles trouveront des ingénieurs de qualité et en nombre suffisant", affirme-t-il.
Il est ainsi convaincu que la crise ne ralentira que temporairement le mouvement de délocalisation. Si des entreprises aidées par les gouvernements, comme Renault en France, renoncent actuellement à ce type de projet, elles y reviendront plus tard.
D'autant que les difficultés actuelles contraignent également les entreprises à modifier leur organisation pour serrer encore davantage leurs coûts. Les banques, en particulier, qui furent les premières entreprises de services à délocaliser une partie de leur activité - services informatiques et centres d'appels, par exemple. Des activités aujourd'hui réalisées pour beaucoup moins cher en Inde, par du personnel anglophone, pour les firmes américaines ; et pour beaucoup moins cher au Maghreb, par du personnel francophone, pour les françaises.
Ces enquêtes sont consultables sur Atkearney.com et Unctad. org

Annie Kahn

dimanche 10 mai 2009

La Délégation Européenne fête ses 30 ans



La Délégation de la Commission Européenne à Tunis vient de fêter ses trente ans d’implantation en Tunisie. Rappelons que la Tunisie a, dès 1963, demandé officiellement l’ouverture des négociations avec la Communauté Européenne qui aboutirent à la conclusion d’un accord commercial en 1969. Sept ans après, les deux parties signèrent un accord de coopération. Ce trentième anniversaire coïncide avec le 59ème anniversaire de la Déclaration de Robert Shuman.

vendredi 8 mai 2009

Tunisie-Union Européenne-Maghreb :

En collaboration avec la Délégation de la Commission européenne en Tunisie, l’Association des études Internationales a organisé, le 6 mai 2009, à l’IACE, un séminaire à propos du «Partenariat Union Européenne / Maghreb : Accords d’association, politique de voisinage, perspectives de statut avancé».

Après avoir précisé les enjeux globaux -paix, sécurité, pauvreté, migration, changement climatique, développement- auxquels les pays du Nord et du Sud sont confrontés, M. Rachid Idriss, président de l’A.E.I, a appelé les différents intervenants à débattre des agendas des uns et des autres, des flux financiers communautaires évoqués lors du déclenchement du processus de Barcelone I, des grands projets structurants prévus par l’UpM et du scepticisme des opinions publiques, dans la franchise, l’audace et la confiance.

M. Adrianus Koetsenruijter, ambassadeur et chef de la Délégation de la Commission européenne à Tunis, a ouvert le bal des interventions en mettant l’accent sur les bienfaits des politiques concertées pour trouver des solutions aux problèmes des peuples de voisinage, l’importance des différentes structures de coopération euro-méditerranéennes au service d’une approche plus pertinente entre les pays riverains et le développement de nouvelles solidarités/ complémentarités liés à l’émergence, dans un contexte international compétitif à outrance, d’un pôle régional, reflet des partenariats de proximité, à même, dit-il, de damer le pion aux regroupements en gestation aux quatre coins de la planète, de revitaliser le dialogue des cultures et d’approfondir les questions classiques de la bonne Gouvernance, au cœur des notions des droits de l’homme, de la liberté d’expression, de l’alternance politique et du rôle des sociétés civiles à l’aube du XXIème siècle.

De son côté, l’universitaire algérien de l’Institut national des études de stratégie Global (INESG), Lotfi Boumghar, dans un style assez ferme et musclé, a plutôt soupçonné l’UE de pratiquer, vis-à-vis de la façade sud de la Méditerranée, une politique d’endiguement, à la place d’un partenariat gagnant-gagnant, de cibler en priorité l’intégration des pays de l’Est du Vieux continent et de privilégier les postures sécuritaires avec le Maghreb au lieu de le percevoir comme une arrière-zone stratégique de l’Europe, renfermant un potentiel de croissance considérable, capable de donner aux deux rives cette grande aire civilisationnelle, une auréole de prospérité, de paix et de complémentarité.

Abondant dans le même sens, M. Jean-Marie Miossec, ancien président de l’Université de Montpellier III, a constaté, chez les membres de la Commission de Bruxelles, l’évacuation de la dimension méditerranéenne dans leur vision, comme l’atteste l’enveloppe destinée à la coopération avec cette zone, estimée à la modique somme de 8 milliards d’euros.

«Le projet initial d’Union pour la Méditerranée apparaissait donc en rupture avec les anciennes conduites de l’UE. Il proposait l’instauration d’un véritable leadership euro-méditerranéen par une appropriation commune du projet et plaçait la Mare nostrum au centre des nouvelles relations euro-méditerranéennes à instaurer», ajoute M. Miossec, qui appelle ses compatriotes à rejeter les perceptions de «marges» pour les territoires du sud et de l’est de la Méditerranée, à apprécier plutôt la montée en puissance de ces marchés émergents et à intégrer, à l’image des grands ensembles d’orientation méridienne (USA/Canada, Japon/Chine/NPI,UE), une vision de solidarité-complémentarité afin de peser sur la scène internationale, de repositionner ces rivages millénaires au cœur d’un centre marchand à la recherche, depuis toujours, de points d’ancrage, fondés sur la mobilité, l’attractivité et les valeurs de l’effort, du labeur.

Tout au long des différents panels, les intervenants ont insisté, en dépit des scepticismes, des doutes et des méfiances des uns et des autres, sur la communauté de destin liant les deux bords de cette mer «frontière», la mise en place d’un agenda prévoyant, graduellement, pour les pays du sud, «un statut avancé, brèche délibérée dans un dispositif de montée globale en partenariat afin d’envisager un futur décollage en groupe, de renforcer la pertinence de l’échelon méditerranéen et de favoriser l’établissement de pratiques harmonieuses et solidaires face aux défis écologiques, territoriaux, énergétiques et sociétaux de la région», conclut M. Said Bhira, secrétaire général du Conseil économique et social de Tunisie.
(Source Webmanager)

mercredi 6 mai 2009

La Tunisie et la Belgique signent un accord de coopération militaire


TUNIS, 5 mai 2009 (TAP) - MM. Kamel Morjane, ministre tunisien de la Défense et Pieter De Crem, ministre belge de la Défense ont procédé, mardi matin, au siège du département, à la signature d’un accord de coopération entre les ministères de défense des deux pays.

Cet accord vise à développer la coopération bilatérale militaire et à lui donner une nouvelle impulsion, en terme d’échange d’expertises dans les domaines de la formation, de l’entraînement et de la participation aux opérations de maintien de la paix dans le monde, ainsi que dans les secteurs culturels et sportifs.

L’accord prévoit, également, la mise sur pied d’une commission militaire mixte qui se réunit, une fois tous les deux ans, en alternance, dans les deux pays en vue d’assurer le suivi et renforcer le programme de coopération.

Les deux ministres ont fait part de leur satisfaction du bon niveau atteint par les relations tuniso-belges dans les différents domaines, et ont mis l’accent sur la volonté des deux parties de raffermir les liens d’amitié et d’instaurer une coopération solide dans le domaine militaire, sous l’impulsion de la volonté politique qui anime les directions des deux pays et dans le cadre d’une confiance réciproque.

Les deux ministres ont salué la convergence des points de vue concernant l’action commune sur la base du respect des valeurs humanistes et des principes onusiens.

Ils ont, également, mis en exergue le rôle des deux pays dans la consolidation des relations de coopération entre la Tunisie et l’Union Européenne (UE), dans le cadre du processus de Barcelone et la contribution de la Belgique dans ce domaine, notamment, au cours de sa présidence de l’UE, à partir de juillet 2010.

Auparavant, M. Kamel Morjane s’est entretenu avec M. Pieter De Crem en présence, notamment, de l’ambassadeur de Belgique à Tunis. L’entretien a porté sur les moyens permettant d’intensifier la coopération bilatérale militaire et de diversifier ses champs.

Les deux ministres ont soulevé un ensemble de questions d’intérêt commun aux plans bilatéral, méditerranéen et africain.

Le ministre belge a, à cette occasion, souligné sa considération pour le développement et le progrès enregistrés par la Tunisie dans tous les domaines, qualifiant la Tunisie « d’ami fiable ».

M. Pieter De Crem est arrivé à Tunis, mardi matin, dans le cadre d’une visite officielle pour assister aux travaux du 18ème congrès de la Société internationale de droit militaire et de droit de la guerre qui se tient, à Tunis, du 6 au 8 mai 2009, sous le haut patronage du Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali.

Infos en continu

Loading...