De par mes origines belges danoises et tunisiennes je me sens très impliqué par les relations euro-méditerranéennes. Cette rencontre EUROMED m’a permis de confronter mes idées avec des jeunes venus des deux rives de la Méditerranée.
J’ai déjà la chance par mes allers retours réguliers entre les deux rives à faire ce genre d’exercice mais je dois avouer qu’ avoir la chance de pouvoir débattre dans des ateliers avec des algériens, jordaniens, italiens, espagnols , allemands ,français … tous réunis ensemble est unique et terriblement enrichissant.
Les confrontations d’idées, de système de valeurs permettent à l’espace géographique qui sépare les deux rives de se réduire comme peau de chagrin. Jamais les deux rives n’auront été aussi proches à mon sens que lors de ce genre de rencontres où le protocole diplomatique auxquels doivent se soumettre habituellement les politiques n’a pas lieu et où des jeunes peuvent échanger leurs points de vue sur des sujets en toute liberté et responsabilité.
Il est important de noter que tous les points de vue sont exprimés dans un esprit d’ouverture et non pas de crispation. Ce genre de contexte permet d’apaiser les tensions qui peuvent exister. Longtemps la rive nord et la rive sud étaient en parfaite harmonie mais force de constater que cette harmonie souffre depuis plusieurs années d’une incompréhension. Il est vraiment important de multiplier ce genre d’initiative qui est bénéfique pour les deux cotés.
J’ai participé à l’atelier « Représentation de l’autre dans les médias » : les différents points de vue ont été débattus. Il est ressorti de cet atelier que la réalité que les masse médias nous montrent n’est qu’une représentation ; c'est-à-dire que c e n’est pas une fenêtre sur la réalité mais un écran. Cela permet de mieux expliquer l’incompréhension qui peut subsister des deux cotés de la Méditerranée. Les populations de la Rive Sud accuse les médias de la Rive Nord de mal médiatiser la réalité, d’opposer les deux Rives. L’inverse est aussi vrai. Ce qui diffère fait peur et cette peur attire les médias qui jouent sur l’affect pour faire de l’audimat. Nous sommes certes tous différent mais la différence ne doit pas pour autant faire peur. La différence peut être une source de richesse si nous savons la mettre en valeur. De plus est ce que tous les tunisiens sont ils semblables ? Quid des belges, français, jordaniens…. Une nation regroupe des citoyens avec des croyances des valeurs différentes mais qui vivent en harmonie. Alors qu’est qui empêche les deux rives à vivre en parfaite harmonie ?

Nous vivons une période où on veut opposer des blocs entre eux, le Nord et le Sud, le Monde Musulman avec l’Occident mais pour éviter une telle vision manichéenne des choses, pour éviter le « Choc des Civilisations »de Samuel Huntington il faut apprendre à nous connaitre.
Un exemple précis : dans mon atelier les avis n’étaient pas tous partagés évidemment mais là où certains auraient pu voir une opposition stérile d’idées, les participants ont pu comprendre pourquoi l’autre pensait différemment de lui. Il ne pense pas de la sorte pour être différent de l’autre mais pour être lui-même. L’avis différent prend une tout autre tournure, il devient compréhensible pour l’autre.
Ce genre de rencontres fait partie des initiatives qui doivent être encouragé parce qu’elle permet aux uns et autres de mieux se connaitre, de déceler des différences entre nous mais de mieux les comprendre de mieux les situer. Parce qu’il est regrettable que pour certains des participants c’était leur première rencontre avec des personnes de l’autre Rive et parce qu’il est tout aussi regrettable que la seule image que les uns et les autres ont de l’autre Rive est celle véhiculée par les médias…. Le seul bémol de cette rencontre réside dans la durée : trois jours pour pouvoir dialoguer, pour pouvoir créer des liens durables est à mon sens insuffisant. C’est pour cela que je soutiens à titre personnel l’idée qui a été lancée de mettre en place en place une Université d’été. Cela aura un impact sur la qualité des rencontres mais surtout sur « l’après rencontre ». Il faut pouvoir inscrire ce genre de rencontres dans la durée et ne pas les limiter à quelques jours.


