mercredi 29 février 2012

Le chef de la diplomatie belge prend pour exemple le «laïc» Moncef Marzouki!

La première visite de Didier Reynders, en tant que ministre des Affaires étrangères belge, le mois dernier, en Tunisie, semble lui avoir inspiré un des thèmes de sa prochaine campagne électorale: la séparation de la religion et de l’Etat! Un scoop ou une... méprise?
Par Wajdi Khalifa, correspondant à Bruxelles

Interrogé par l’hebdomadaire belge ‘‘LeVif’’, le ministre se déclare opposé  au fait de voir des élues voilées siéger au sein du Parlement fédéral belge, car cela ouvrirait la porte à des ministres voilées.
Le ministre poursuit l’interview en faisant le lien avec sa récente visite en Tunisie, et s’imagine, en femme voilée, rencontrer le président tunisien Moncef Marzouki: «Le président tunisien, qui se bat pour séparer l’Eglise de l'Etat, se serait demandé ce que je viens faire dans son bureau. Je n’aime pas ce double langage: on porte hors de nos frontières le message de la nécessaire séparation de l’Eglise et de l’Etat mais en Belgique on prône les accommodements raisonnables. Je souhaite une législation en la matière».

Marzouki reçoit Ryndners
En 2009, une députée d’origine turque, avait créée la polémique en prêtant serment avec son voile au sein du parlement régional bruxellois. Cette prestation de serment avait suscité l’indignation d’une série de personnalités politiques belges, dont les libéraux francophones du parti de Didier Reynders.
Cette sortie du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères intervient à quelques mois des élections communales (municipales) en Belgique, où le ministre sera candidat dans une périphérie de Bruxelles.
Plusieurs partis sont accusés de jouer la carte du communautarisme en faisant notamment campagne dans les mosquées, et en présentant des candidats de la «diversité» pour cibler la population musulmane, qui représente jusqu'à 20% de la population bruxelloise.
Le ministre dénonce cette situation: «Quant on mène campagne exclusivement dans les mosquées, il ne faut pas s’étonner de voir apparaître des extrémistes dans votre parti».
Dans le même entretien, le vice-Premier ministre, toujours inspiré par sa visite en Tunisie, appelle la Wallonie (partie francophone du pays) à réaliser son Printemps arabe à l’image des pays arabes. La Wallonie, dirigée par les socialistes, accuse un retard économique par rapport à la Flandre.
En quittant Liège pour Bruxelles, pour se présenter à ces élections, le ministre quitte aussi son poste de Consul honoraire de Tunisie dans la Province de Liège. Didier Reynders a fait savoir, via son directeur de cabinet, qu’il souhaitait renoncer à cette mission bénévole et que des démarches auprès des autorités tunisiennes avaient été entamées dans ce sens, pour laisser le poste à une autre personne.
Par ailleurs, des sources consulaires tunisiennes confirment un réexamen  très prochain de tous les postes de consul honoraire, car ces derniers, dans leur grande majorité, étaient directement choisis par l’ancien président Ben Ali.

Article publié sur Kapitalis

lundi 27 février 2012

La finance islamique à l'assaut de la Belgique


La banque Chaabi s’apprête à lancer un compte courant “charia compatible”. D’autres produits financiers islamiques sont en préparation en Belgique.
Des voix à l’Onu, au FMI et même au Vatican ont loué ses mérites. Alors que le monde financier traditionnel a montré ses limites et plusieurs dérives lors de crises à répétition, la finance islamique sort de l’ombre. Dans les chiffres, sa montée en puissance est fulgurante, surtout dans cette période de morosité économique quasi mondiale : en 2011 les actifs de la finance islamique sont estimés à 1 000 milliards de dollars à travers 350 institutions réparties dans 80 pays. Soit une progression de 18 % par rapport à l’année précédente.
Cette finance attire mais intrigue aussi l’Occident. Qu’entend-on exactement par financement islamique et produits financiers “Charia compatibles” ? “Ici en Belgique, quand on parle de Charia, on pense à des barbus qui coupent des mains,explique Mohamed Boulif, consultant en finances islamiques. Cela n’a rien à voir. La finance islamique regroupe des centaines de textes d’interprétation du droit musulman aux réalités économiques actuelles. Il n’y a rien de sacré là-dedans, ce sont des montages financiers qui portent des valeurs universelles.” Dans la finance islamique, les intérêts et l’usure sont prohibés, tout comme la spéculation, les investissements dans les industries de l’armement, du tabac, des jeux d’argent ou dans des entreprises “trop endettées” et des produits jugés toxiques. Enfin, toute opération financière doit reposer sur le partage des profits et des pertes. “L’argent pour l’argent n’existe pas dans la finance islamique. Il y a toujours un actif. On ne peut pas vendre ce que l’on ne possède pas. C’est de l’économie réelle, pas virtuelle.”
Reste que cette vision idéaliste doit en permanence s’adapter pour être rentable. Le caractère plus ou moins islamique d’un mécanisme financier n’est donc pas établi selon des règles précises et immuables mais est laissé à l’interprétation de comités consultatifs, les “Sharia scholars”. “Ce qui compte en finance islamique c’est la finalité de l’investissement, l’habillage est secondaire.” D’après M. Boulif, ce type de finance est aujourd’hui arrivé à maturité et a atteint sa stabilité. “Même si les montages financiers sont très différents (du fait notamment que tout intérêt est interdit), le résultat économique est souvent le même que dans la finance conventionnelle.”
L’un des fondements de la finance islamique, et qui rejoint une demande de plus en plus accrue en Occident, est aussi la “traçabilité” des actifs : la banque doit pouvoir signaler très précisément où est investi l’argent de son client. “L es médias anglais ont évoqué l’exemple de cette dame, non musulmane, qui cherchait à déposer 100 000 livres dans une banque et voulait être certaine qu’aucun cent ne file dans l’industrie de l’armement. Elle a fait le tour des banques et seule l’Islamic Bank of Britain (IBB) a pu lui garantir cette demande. Elle y a déposé tout son argent. Plus de 10 000 clients (sur 60 000) de l’IBB  ne sont ainsi pas de confession musulmane.”
En Europe, la City de Londres a réussi à capter la grande majorité de l’afflux subit (depuis 2001, voir ci-dessous) des pétrodollars de la finance islamique, en adoptant certaines mesures “sharia friendly”. Au niveau du “retail”, de nombreuses banques traditionnelles (telle HSBC) proposent dorénavant des guichets de finances islamiques. La France (voir ci-dessous) a, depuis 2008, emboîté le pas à son voisin britannique en modifiant également son système législatif. Le premier compte courant “Charia compatible” est arrivé en juin dernier et les premiers prêts hypothécaires suivant les principes islamiques, il y a moins d’un mois. Deux produits développés par la banque marocaine Chaabi. Cette dernière, présente depuis 1977 en Belgique et qui avait reçu une amende pour blanchiment d’argent par la Commission bancaire et financière en 1996, a désormais des vues sur les marchés belge et allemand.
Il se murmure très fortement que la banque lancerait un compte courant “Charia compatible” dès juin 2012 à Bruxelles. “Le projet est à l’étude, confirme M. Semlali, de la succursale belge, qui ne veut s’avancer sur aucune date. Nous allons prochainement consulter l’Autorité des services et marchés financiers (FSMA) sur le sujet.”
Car si pratiquement rien n’empêche quelqu’un de faire de la finance islamique en Belgique, il existe des “frottements” fiscaux (comme le double enregistrement en cas de “prêt” hypothécaire, voir ci-contre) qui rendent celle-ci peu rentable pour un organisme financier. “Ce sont quelques ajustements et “rulings” au niveau du fisc, il ne faut pas passer par le Parlement pour cela”, explique M. Boulif.
L’ancien ministre des Finances Didier Reynders s’était montré plutôt favorable à la finance islamique, mais Steve Vanackere ne s’est pas encore prononcé sur la question. M. Boulif y voit une opportunité pour l’économie belge. “Le marché belge présente un très fort potentiel pour la finance islamique car la question de l’intérêt est très sensible pour la communauté d’origine marocaine, la plus nombreuse parmi les musulmans de notre pays. Ce n’est pas pour rien si seulement 38 % d’entre eux sont propriétaires, contre 75 % de la moyenne belge.” , “la communauté musulmane a aussi adopté les habitudes belges de bon épargnant, atout précieux pour une banque”.
Le consultant planche également sur un produit financier “plus participatif qu’islamique” dans l’immobilier et le placement. Il dit avoir retenu la leçon de sa précédente tentative avortée, il y a quelques années avec Fortis, en raison d’ “une fuite dans la presse” . “Je n’attends rien de personne, mais je veux prouver que ce produit est viable. Je vais le développer à petite échelle et la suite viendra naturellement. Les banques “belges” sont encore frileuses car elles ne savent pas vraiment combien de clients elles vont gagner par rapport à ceux qu’elles vont perdre (NdlR : selon M. Boulif, Fortis a fait volte-face après les plaintes de ses clients traditionnels qui menaçaient de quitter la banque). Mais elles ne doivent pas traîner car les banques étrangères, qui n’ont pas ce problème d’image, frappent à la porte.”
Article publié sur Lalibre.be

jeudi 23 février 2012

Multiplication par 5 du nombre de demandeurs d’asile tunisiens en Belgique

Les demandeurs d’asile tunisiens en Belgique sont passés de 20 en 2010 à 106 en 2011. Aucune demande n’a été acceptée, pour «inadéquation entre les déclarations des candidats et la situation objective au pays».
Par Wajdi Khalifa, correspondant à Bruxelles





Le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (Cgra), l’instance belge de l’asile, vient de rendre publiques les statistiques des demandes d’asile pour l’année 2011. Les chiffres sont interpellant à première vue pour la Tunisie.
Alors que la fin du régime de Ben Ali a été synonyme de retours de centaines de réfugiés politiques, exilés aux quatre coins du monde, les demandes d’asile introduites par des Tunisiens ont été multipliées par cinq en 2011, par rapport aux autres années.
En effet, alors que 21 Tunisiens en 2009, 20 en 2010 ont introduit des demandes d’asile auprès de l’Office belge des étrangers, ce sont 106 tunisiens (sur les 25.470 demandes) qui ont fait la même demande en 2011, année de la révolution tunisienne.
Contactée par Kapitalis, Tine Van Valckenborgh, la responsable Communication du Cgra tient à relativiser cette augmentation de 500% des demandes tunisiennes : «On passe, en moyenne, de 2 demandes par mois à 8 ou 9, ce qui reste très marginal comparativement à d’autres pays, comme l’Irak ou l’Afghanistan. De plus, si on prend en compte la répartition ou l’indice de dispersion de ces demandes dans le temps, on constate que le véritable pic s’est produit sur quatre mois, d’avril à juillet 2011, soit durant les mois qui ont immédiatement suivi la révolution. Ensuite, dès le mois d’août, le nombre de demandes s’est effondré et est resté depuis dans des normes tout à fait habituelles.»
Sur la motivation réelle de ces demandes, Tine Van Valckenborgh apporte son interprétation : «La raison première de ces demandes renvoie à la situation économique précaire qui ne s’est pas encore redressée malgré la fin de l’ancien régime.
Le Cgra n’a, par conséquent, pas constaté des profils à risque dans les dossiers qu’elle a traités. La majorité de nos décisions relevaient l’inadéquation entre les déclarations des candidats et notre information relative à la situation objective actuelle au pays.»
Le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides n’a donc jugé aucune de ces demandes légitimes puisque sur les 2.857 décisions de reconnaissance du statut de réfugié, aucune n’a été accordée à un Tunisien en 2011. Ce refus signifie que l’étranger ne pourra pas rester en Belgique et devra retourner dans son pays d’origine.
L’agence fédérale belge pour l’accueil des demandeurs d’asile (Fedasil) a élaboré un programme de retour volontaire avec un programme de réintégration dans le pays d’origine (prime à l’installation de 250 € par adulte). Pour l’année 2011, six Tunisiens ont bénéficié de ce programme de retour volontaire.

Article publié sur Kapitalis

La fonction publique belge francophone ouverte aux non-Belges

La fonction publique francophone ouverte aux non-Belges

(Belga)

L'avant-projet de décret qui élargit les conditions de nationalité pour l'accès aux emplois de la fonction publique a été adopté par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont adopté en seconde lecture l'avant-projet de décret qui élargit les conditions de nationalité pour l'accès aux emplois de la fonction publique des deux entités, a annoncé le ministre de la Fonction publique, Jean-Marc Nollet. Le texte sera déposé prochainement dans les deux parlements.
Le projet permettra à toute personne qui ne possède pas la nationalité belge d'avoir accès à l'ensemble des emplois du secteur public, exception faite des fonctions qui impliquent une participation directe ou indirecte à l'exercice de la puissance publique ou de celles qui ont pour objet la sauvegarde des intérêts généraux de l'Etat ou des autres collectivités publiques.
« Bruxelles compte 28 % de non-Belges, il y en a 9 % en Wallonie. Ces personnes pourront donc, désormais, trouver un emploi au sein de la fonction publique. Cette mesure est essentielle, car elle va permettre d'accroître la lutte contre les discriminations et de développer une administration représentative de notre société », a souligné M. Nollet dans un communiqué.
(Source:belga)

mercredi 22 février 2012

Convention de sécurité sociale entre la Tunisie et la Belgique

Pension de Vieillesse

• Si vous résidez en Tunisie à l’âge de la retraite, vous devez adresser votre demande à la CNSS. Elle doit être accompagnée des justificatifs d’affiliation et d’assurance en Tunisie et en Belgique.
• Si vous résidez en Belgique à l’âge de la retraite, vous devez adresser votre demande à l’Office National des Pensions à Bruxelles. Elle doit être présentée dans les délais et accompagnée des justificatifs d’affiliation et d’assurance en Belgique et en Tunisie.

Pension d’Invalidité

Pour obtenir la pension d’invalidité vous devez présenter une demande accompagnée d’un certificat médical circonstancié précisant le degré de votre invalidité à la CNSS si vous résidez en Tunisie à l’Organisme compétent belge(INAMI) si vous résidez en Belgique.

•Si l’incapacité au travail suivie d’invalidité est survenue en Belgique, les prestations en espèces de l’assurance invalidité sont liquidées conformément à la législation belge et sont supportées par l’Organisme assureur belge
compétent.

• Si l’incapacité de travail suivie d’invalidité est survenue en Tunisie, les prestations en espèces de l’assurance invalidité sont liquidées conformément à la législation tunisienne et sont supportées par la CNSS.

• La pension vous est servie directement par l’institution débitrice que vous résidez en Tunisie ou en Belgique.

Pension de survivants

Les survivants (veuve ou veuf et orphelins) d’un travailleur (se) décédé (e) susceptible de bénéficier d’une pension à la date de son décès ou d’un titulaire de pension décédé ont droit à
la pension de survivants.
Pour bénéficier de cette pension, il appartient aux survivants d’introduire une demande auprès de l’Organisme du lieu de résidence accompagnée des pièces relatives au décès, des justificatives d’assurance ou de bénéfice d’une pension de vieillesse , de retraite ou d’invalidité au nom du défunt.

Allocation de décès

L’allocation de décès est servie en cas de décès du travailleur ou du titulaire de pension ou de rente. Cette allocation est due par l’Institution d’affiliation et au titre de la législation qu’elle applique même si le (s) bénéficiaire(s) réside sur le territoire de l’autre Etat.
En cas de décès d’un titulaire de pension à la charge des deux Etats c’est l’Institution du pays de résidence qui prend en charge cette allocation conformément à la législation qu’elle applique .
- Si le décès est survenu en Belgique la demande doit être adressée à l’INAMI.
- Si le décès est survenu en Tunisie la demande doit être adressée à la CNSS.

Important: vous devez vous soumettre au contrôle médical et administratif de l’Organisme de votre lieu de résidence même si votre pension d’invalidité vous est due et servie par l’institution de l’autre Etat.

Important : la constitution de votre dossier pour le bénéfice des allocations familiales se fait directement auprès de l’Organisme belge.

Pour plus d'infos cliquez ici

mardi 21 février 2012

Ghazi Mabrouk poursuit son lobbying pour la Tunisie auprès de l’Union européenne

Entretien avec Ghazi Mabrouk, président d’un «Comité d’Action» Tunisie, récemment créé à Bruxelles, avec pour mission de présenter, avant fin mars, des dispositifs pour un réajustement des accords Union européenne-Tunisie.

Propos recueillis par Wajdi Khalifa, correspondantà Bruxelles 




Alors que la presse marocaine encense sa diplomatie et son lobbying efficients auprès des instances européennes, au lendemain de la nomination d’un autre Marocain au poste de secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UpM), il semble que les choses commencent, enfin, à évoluer pour les relations de la Tunisie avec les institutions européennes.

En effet l’Observatoire européen du Maghreb à Bruxelles, qui regroupe des réseaux de relations publiques dans la capitale européenne, avec pour Conseiller spécial le tunisien Ghazi Mabrouk, et l’European Economic Alliance ont décidé, vendredi 10 février, au cours d’une réunion à Strasbourg (siège du Parlement européen), de confier à Ghazi Mabrouk la présidence d’un «Comité d’Action» Tunisie. Composé d’experts européens indépendants, ce comité aura pour mission de présenter, avant fin mars, des dispositifs concrets, pour un réajustement des accords et des relations de l’Union européenne avec la Tunisie post-révolution.

Le lobbyiste tunisien qui a multiplié les rencontres auprès de personnalités officielles tunisiennes du ministère des Affaires étrangères, de la Présidence de la République, de la Présidence de l’Assemblée constituante et des institutionnels européens, a remis à ces derniers un mémorandum dont nous publions ici un résumé. Notons qu’une visite du président tunisien, Moncef Marzouki, à Bruxelles est annoncée très prochainement.
S’agissant du «Comité d’Action» européen, nous avons contacté Ghazi Mabrouk (par téléphone), qui en assurera la présidence, pour nous en préciser les objectifs.

Kapitalis : A la faveur de la mission européenne que vous présidez, quels sont les grands axes d’intervention qui seront explorés ?

Ghazi Mabrouk : En tout premier lieu, je voudrais vous préciser que cette mission fera l’objet de la publication d’un ‘‘Livre Blanc’’ des initiatives relatives aux relations nouvelles qui seraient dessinées entre l’Union européenne (UE) et la Tunisie. La mission qui nous est confiée, et dont j’ai l’honneur d’assurer la coordination, s’articulera autour de 5 sujets :

1 - Task force Tunisie (Tft) : le premier dossier de notre mission consistera à définir les conditions de la mise en place à Bruxelles d’une véritable task-force en faveur de la Tunisie, auprès des diverses institutions européennes, mais également des autres acteurs du «labyrinthe européen», souvent ignorés. Ceci permettrait de dépasser le cadre traditionnel des dossiers officiels, pour amener des «réseaux» européens – dont le rôle est majeur – à s’engager en faveur de la Tunisie et de drainer ainsi tout un courant financier et d’investissement inédit.

2 - Fonds stratégique européen d’investissement pour la Tunisie (Fseit) : le second dossier est un corollaire immédiat à une telle force de frappe. Il consistera à définir les conditions de la création à Bruxelles d’un Fonds stratégique européen d’investissement pour la Tunisie. Celui-ci devra constituer le passage obligé, regroupant des courants de financements et d’investissements européens en faveur de la Tunisie. Il concernera aussi bien des lignes institutionnelles européennes, que des apports internationaux émanant du G8 et d’autres types de financements, auxquels participe l’UE. Ce Fonds créera ainsi une plus grande confiance des Européens quant à leurs affectations financières et leur destination, telles qu’elles auront été librement décidées par la Tunisie. Ce Fonds permettra également aux Européens de mieux visualiser les retours sur investissements de ce courant financier potentiel, qui se trouvera ainsi démultiplié.

3 - Premiers états-généraux des régions d’Europe et de Tunisie (Pegret) : le troisième dossier consistera à définir les conditions d’organisation, avant la fin de l’année 2012, des Premiers états-généraux des régions d’Europe et de Tunisie. Les régions jouent en Europe un rôle majeur et autonome, en matières budgétaire et économique. La relation entre les régions d’Europe et les régions de Tunisie devra constituer une innovation institutionnalisée à terme, dans la mesure où le soubassement post révolution des urgences tunisiennes est celui de la région. Ceci également, dans la mesure où la région a constitué un facteur de développement majeur pour la construction européenne elle-même.

4 – Business council Tunisie en Europe (Bcte) : il s’agit de définir les conditions de mise en place d’un Business council Tunisie en Europe, à Bruxelles. Il devra regrouper les groupes d’affaires, les décideurs, les organisations socioprofessionnelles, les partenaires économiques et financiers européens de la Tunisie, aux côtés des entrepreneurs tunisiens. Ce Conseil permettra de proposer les orientations sectorielles prioritaires qui sont celles des entreprises européennes, au regard des potentialités qu’offrira la Tunisie nouvelle. Ce Conseil contribuera également à assurer le financement des opérations de communication, de marketing et toutes les actions d’intervention nécessaires à la task-force en faveur de la Tunisie en Europe.

5 – Le processus du 5+5 : il s’agit de définir les avantages que la Tunisie pourrait tirer de la réactivation du 5+5 nord-sud de la Méditerranée occidentale. Lors de l’audience qui m’avait été accordée l’an passé à l’Elysée – et dont Kapitalis s’était fait l’écho –, j’avais déjà suggéré à la cellule concernée et à l’ambassadeur en charge de l’UpM de réajuster celle-ci vers la Méditerranée occidentale, qui poserait moins de difficultés relationnelles. Il semblerait que cette approche soit désormais devenue une nécessité. Alors que l’on parle de réactiver l’Union du Maghreb arabe (Uma), son pendant rive-nord au sein du 5+5 constituera, à mon avis, un «sauvetage» pour un processus euro-méditerranéen recentré.

Vous avez toujours œuvré pour la dissociation du poste d’ambassadeur de Tunisie auprès de l’UE, de celui d’ambassadeur de Tunisie auprès du Royaume de Belgique. Pourquoi ?

Telle que fonctionne actuellement l’ambassade de Tunisie à Bruxelles, elle n’a ni les moyens humains, ni les moyens structurels pour encadrer une initiative spécifique, à tous les niveaux européens institutionnels et para-institutionnels. La dissociation d’une fonction d’ambassadeur de Tunisie auprès de l’UE de l’ambassade actuelle est recommandée. D’autant plus que l’UE est représentée par un ambassadeur de l’UE auprès de la Tunisie.
Une ambassade ad hoc pourra ainsi couvrir à la fois le volet des accords et documents officiels ainsi que le volet d’action auprès des différentes régions d’Europe, des fondations européennes sectorielles et des organisations financières et para-institutionnelles européennes qui foisonnent et dont on ne soupçonne parfois même pas l’existence.
En d’autres termes, créer l’encadrement pour aller chercher les investissements et les financements là où ils se trouvent. J’ai soumis un mémorandum aux autorités tunisiennes sur ce sujet.

Vous venez d’évoquer l’UpM qui a encore récemment décidé de désigner une personnalité marocaine en qualité de secrétaire général. Pourquoi la Tunisie s’est-elle, une nouvelle fois, laissée dépossédée de cette fonction qui lui était destinée au départ ?

Comme le secrétaire général sortant coopté par les pays membres de l’UpM était marocain, cette Organisation a voulu éviter de réitérer la démarche de désignation, alors que l’UpM est «flottante». Ils ont voulu s’épargner d’engager à nouveau le processus de désignation d’un remplaçant et ils ont voulu laisser cette fonction à un autre Marocain. De toute façon, il n’échappe à personne que l’UpM n’est plus désormais un concile opérationnel d’actualité.


Bio-express : Ghazi Mabrouk est docteur en sciences politiques de l’Université de Paris, spécialiste des fonds souverains et Conseiller spécial de l’Observatoire européen du Maghreb. M. Mabrouk s’est engagé dans le secteur du Public Affairs au sein d’une Union européenne naissante, en pleine phase d’élargissement. Il se spécialise ensuite dans les relations euro-méditerranéennes. 
Article publié sur Kapitalis

dimanche 19 février 2012

Les Relations Commerciales entre la Belgique et la Tunisie (Partie4/4)


 Exportations  

Les exportations belges à destination de la Tunisie se sont chiffrées à l’issue des 9 premiers mois de 2010 à EUR 318,5 millions, soit une progression de 33,0% par rapport à la période correspondante de 2009.

A  l’issue  des  neuf  premiers  mois  de  2010,  la  section  des  matières  textiles  et  ouvrages  a occupé la première place avec EUR 79,5 millions ou une part de 25,0%.   Les ventes de ce groupe de produits composé de fibres synthétiques discontinues, vêtements et accessoires, tissus imprégnés et coton ont fait un bond de 5,2%.

Les  machines  et  appareils  se  sont  adjugé  la  2e place  avec  une  part  de  19,9%.  Les exportations  se  sont  établies  à  EUR  63,5  millions.  De  2009  à  2010  (9  premiers  mois),  les ventes  de  ce  groupe  de  produits  composé  surtout  de  chaudières,  machines,  appareils  et engins mécaniques (et parties de ces machines) ont progressé de 86,0%, alors qu’en 2009 elles avaient chuté de 29,9%. 

Les  produits  alimentaires  (surtout  des  sucres  et  sucreries)  clôturent  la  liste  des  trois sections vedettes à l’exportation. Avec EUR 39,2 millions, cette section s’est adjugé une part de 12,3%, grâce à un accroissement des ventes de 2.705,0%.

 Importations

Selon les dernières données disponibles pour 2010 (neuf premiers mois), les importations
belges  en  provenance  de  la  Tunisie  ont  totalisé  EUR  291,5  millions  contre  EUR  459,7
millions en 2009, soit une chute de 36,6%.

Au terme des 9 premiers mois de 2010, les matières textiles et ouvrages se sont adjugé la
première  place  et  se  sont attribué  une  part  de  64,2%,  ce  qui  correspond  à  des  achats  de
l’ordre  de  EUR  187,0  millions.  Les  achats  de  cette  section  qui  a  consisté  surtout  en
costumes, tailleurs, ensembles, vestes, robes, etc. et survêtements de sport  ont  régressé
de 0,5%.

Les  machines et appareils se sont rangés en deuxième position avec une part de 12,3% et
des importations s’élevant à EUR 35,8 millions. De 2009 à 2010 (9 mois), les achats de ce
groupe  de  produits  composé  principalement  de  fils,  câbles  et  autres  conducteurs  isolés
pour l’électricité et de moteurs et machines génératrices ont fléchi de 82,1%.

Dans le trio de tête se sont inscrits aussi les métaux communs qui ont pris à leur compte
7,1% des importations. En 2010 (neuf premiers mois) les achats de ce groupe de produits
ont fait un bond de 130,0% à EUR 20,7 millions grâce surtout aux importations de cuivre et
d’ouvrages en cuivre.

(Source :Agence pour le Commerce extérieur)
L’Agence pour le Commerce extérieur a été créée par l'Accord de Coopération (PDF, 88.6 Kb) du 24 mai 2002 conclu entre l’Autorité fédérale et les Régions (Moniteur Belge du 20.12.2002). L’Agence pour le Commerce extérieur est administrée par un Conseil d’Administration dont le Président d’honneur est S.A.R. le Prince Philippe.

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