vendredi 9 mai 2008

3e rencontre 100 jeunes Euromed Liège 2008


De par mes origines belges danoises et tunisiennes je me sens très impliqué par les relations euro-méditerranéennes. Cette rencontre EUROMED m’a permis de confronter mes idées avec des jeunes venus des deux rives de la Méditerranée.
J’ai déjà la chance par mes allers retours réguliers entre les deux rives à faire ce genre d’exercice mais je dois avouer qu’ avoir la chance de pouvoir débattre dans des ateliers avec des algériens, jordaniens, italiens, espagnols , allemands ,français … tous réunis ensemble est unique et terriblement enrichissant.
Les confrontations d’idées, de système de valeurs permettent à l’espace géographique qui sépare les deux rives de se réduire comme peau de chagrin. Jamais les deux rives n’auront été aussi proches à mon sens que lors de ce genre de rencontres où le protocole diplomatique auxquels doivent se soumettre habituellement les politiques n’a pas lieu et où des jeunes peuvent échanger leurs points de vue sur des sujets en toute liberté et responsabilité.
Il est important de noter que tous les points de vue sont exprimés dans un esprit d’ouverture et non pas de crispation. Ce genre de contexte permet d’apaiser les tensions qui peuvent exister. Longtemps la rive nord et la rive sud étaient en parfaite harmonie mais force de constater que cette harmonie souffre depuis plusieurs années d’une incompréhension. Il est vraiment important de multiplier ce genre d’initiative qui est bénéfique pour les deux cotés.
J’ai participé à l’atelier « Représentation de l’autre dans les médias » : les différents points de vue ont été débattus. Il est ressorti de cet atelier que la réalité que les masse médias nous montrent n’est qu’une représentation ; c'est-à-dire que c e n’est pas une fenêtre sur la réalité mais un écran. Cela permet de mieux expliquer l’incompréhension qui peut subsister des deux cotés de la Méditerranée. Les populations de la Rive Sud accuse les médias de la Rive Nord de mal médiatiser la réalité, d’opposer les deux Rives. L’inverse est aussi vrai. Ce qui diffère fait peur et cette peur attire les médias qui jouent sur l’affect pour faire de l’audimat. Nous sommes certes tous différent mais la différence ne doit pas pour autant faire peur. La différence peut être une source de richesse si nous savons la mettre en valeur. De plus est ce que tous les tunisiens sont ils semblables ? Quid des belges, français, jordaniens…. Une nation regroupe des citoyens avec des croyances des valeurs différentes mais qui vivent en harmonie. Alors qu’est qui empêche les deux rives à vivre en parfaite harmonie ?
Nous vivons une période où on veut opposer des blocs entre eux, le Nord et le Sud, le Monde Musulman avec l’Occident mais pour éviter une telle vision manichéenne des choses, pour éviter le « Choc des Civilisations »de Samuel Huntington il faut apprendre à nous connaitre.
Un exemple précis : dans mon atelier les avis n’étaient pas tous partagés évidemment mais là où certains auraient pu voir une opposition stérile d’idées, les participants ont pu comprendre pourquoi l’autre pensait différemment de lui. Il ne pense pas de la sorte pour être différent de l’autre mais pour être lui-même. L’avis différent prend une tout autre tournure, il devient compréhensible pour l’autre.
Ce genre de rencontres fait partie des initiatives qui doivent être encouragé parce qu’elle permet aux uns et autres de mieux se connaitre, de déceler des différences entre nous mais de mieux les comprendre de mieux les situer. Parce qu’il est regrettable que pour certains des participants c’était leur première rencontre avec des personnes de l’autre Rive et parce qu’il est tout aussi regrettable que la seule image que les uns et les autres ont de l’autre Rive est celle véhiculée par les médias…. Le seul bémol de cette rencontre réside dans la durée : trois jours pour pouvoir dialoguer, pour pouvoir créer des liens durables est à mon sens insuffisant. C’est pour cela que je soutiens à titre personnel l’idée qui a été lancée de mettre en place en place une Université d’été. Cela aura un impact sur la qualité des rencontres mais surtout sur « l’après rencontre ». Il faut pouvoir inscrire ce genre de rencontres dans la durée et ne pas les limiter à quelques jours.

dimanche 2 mars 2008

Voyage Culturel au Qatar avec la Ligue Arabe


Quand l’ambassade de Tunisie m'a proposé de participer à une Mission au Qatar avec des jeunes des autres pays arabes, jamais j'aurais pu imaginer l'expérience qui m'attendait.
Je suis un étudiant tunisien en Belgique mais tout mon cursus scolaire s'est fait en Tunisie. Je connais bien la Tunisie du Nord au Sud d'Ouest en Est, je dirais même plus face à la position stratégique du territoire tunisien nombreux sont les tunisiens qui visitent l'Algérie et la Libye. L'inverse est aussi vrai, les algériens et les libyens sont de plus en plus nombreux à visiter la Tunisie. Autant dire que les tunisiens se sentent vraiment magrébins.
Mais qu’en est-il des autres pays arabes? Le Machrek est pour moi une véritable inconnue. Comment vivent-ils ? Comment nous perçoivent-ils?
Il existe, il me semble des a priori des deux cotés. Inutile de les rappeler maintenant. Je pense pouvoir avancer que nous, les magrébins connaissons plus sur le mode de vie des français, des italiens que celui des saoudiens, qatariotes et autre. Cela ne m'avait pas déranger jusqu'à lors. Mais maintenant que je m'apprête à partir au Qatar, ces questions s'imposent à moi:
Qui sont-ils vraiment ? Les seules informations qui nous parviennent du Qatar (hormis ceux de la chaîne Al Jazzera) ce sont ces annonces qui paraissent dans la presse tunisienne où des sociétés du Golfe cherchent à recruter des cadres tunisiens. Pouvons-nous limiter les Pays du Golfe à ces recruteurs généreux qui ont su profiter des pétrodollars? Naïvement je le pensais.
Me voilà sélectionné pour partir à Qatar avec un irakien, un libyen, un algérien et un soudanais. On ne pouvait pas espérer mieux pour le casting : un irakien : l'Irak pays au passé tellement riche qui nous fait espérer que ce pays ne peut que se relever de la situation actuelle; un algérien: les algériens ont toujours visité en masse la Tunisie. Il est inutile de rappeler que la Tunisie est le seul pays qui n'a jamais exigé de visa à ses voisins. La décennie noire en Algérie a été aussi très dure pour la Tunisie. Il n'est jamais facile de voir un pays frère partir dans une dérive qu'il ne mérite pas; un libyen:il faut noter que les libyens à ce que je sache n'émigrent pas beaucoup en dehors de leurs frontières. Cela a pour conséquence que rare sont les occidentaux qui connaissent la culture et le mode de vie libyen; un soudanais:le Soudan est pour moi un grand mystère, pays arabe à part entière il est malheureusement actuellement trop réduit à ce qui se passe au Darfour.
Quel riche casting donc vous disais-je? Parce qu’en plus de découvrir tous ces pays je vais le faire via des émigrés. Je suppose qu’être irakien en Belgique est sans doute différent que de l'être en Russie et ainsi de suite. Après avoir fait connaissance:une véritable symbiose s'installe dans le groupe nous voici partis pour Doha, capitale de Qatar. L'accueil est chaleureux. Après la surprise de l'hôtel nous faisons connaissance avec le reste des délégations:Rome, Moscou, Londres, Berlin et Washington. Toutes les nationalités sont représentées.


Il est vrai que je suis saisi par un réflexe nationaliste qui me pousse à chercher un compatriote tunisien. Ce sentiment disparaît rapidement tellement notre groupe constitue un bloc uni et soudé.
Les activités sont diverses:visites de musées, d’infrastructures les plus impressionnantes les unes que les autres, les universités, les souks... mais le plus important dans tout cela est la rencontre avec les jeunes du Qatar. Ces derniers font preuve d'une ouverture d'esprit très large. Tous les sujets sont abordés sans complexe et sans que chacun ne perde son identité et ses principes.
Ce voyage à Qatar a duré deux semaines:c'est fou comme ça peut être court et intense dans le sens où deux semaines peuvent vous faire changer une perception. Avant ce voyage je pourrais me définir comme nationaliste dans le sens où pour moi toutes mes vacances devaient obligatoirement passer par Tunis mais maintenant j'ai envie de découvrir cette partie du monde qu'est le monde arabe, pour sortir des clichés habituels véhiculés par certains médias qui oppose l'Orient et l'Occident.
Ce voyage m'a ouvert des portes:c'est ainsi que j'ai pu présenter un article consacré aux migrations lors de la Conférence annuelle Euromesco à Lisbonne.
Via ce voyage j'ai appris qu’être arabe en Belgique peut être différent que de l'être à Moscou ou à Berlin. Mais au fond qu'est ce qu'être arabe? Le Maghreb et le Machrek sont ils identiques? Ce qui est sur c'est que le Maghreb et le Machrek se sont rencontrés lors de ce voyage pour ne former qu'un...

Infos en continu

Loading...